Émile ou de l'éducation
1966
p. 49
« En même temps que l'Auteur de la nature donne aux enfants le principe actif, il prend soin qu'il soit peu nuisible» en leur laissant peu de force pour s'y livrer. Mais sitôt qu'ils peuvent considérer les gens qui les environnent comme des instruments qu'il dépend d'eux de faire agir, ils s'en servent pour suivre leur penchant et suppléer à leur propre faiblesse. Voilà comment ils deviennent incommodes, tyrans, impérieux, méchants, indomptables ; progrès qui ne vient pas d'un esprit naturel de domination, mais qui le leur donne ; car il ne faut pas une longue expérience pour sentir combien il est agréable d'agir par les mains d'autrui, et de n'avoir besoin que de remuer la langue pour faire mouvoir l'univers » (p. 49. Nous soulignons).
Cited in De la grammatologie p.204
Émile ou de l'éducation
1966
p. 31
C'est le moment où le mal paraît incurable : « Faute de savoir se guérir, que l'enfant sache être malade : cet art supplée à l'autre, et souvent réussit beaucoup mieux ; c'est l'art de la nature » (p. 31).
Cited in De la grammatologie p.205
Confessions in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 644
C'est aussi le moment où la nature maternelle, cessant d'être aimée, comme elle le devrait, pour elle-même et dans une immédiate proximité (« O nature ! O ma mère ! me voici sous ta seule garde ; il n'y a point d'homme adroit et fourbe qui s'interpose entre toi et moi ! ». Confessions L. XII.) devient le substitut d'un autre amour et d'un autre attachement :
Cited in De la grammatologie p.205
Dialogues in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 794
« La contemplation de la nature eut toujours un très grand attrait pour son cœur : il y trouvait un supplément aux attachements dont il avait besoin ; mais il eût laissé le supplément pour la chose, s'il en avait eu le choix, et il ne se réduisit à converser avec les plantes qu'après de vains efforts pour converser avec des humains » (Dialogues, p. 794).
Cited in De la grammatologie p.205
La religion égyptienne
1949
p. 46
Rappelons que dans une séquence de la mythologie égyptienne, Seth. aidé de Thot (dieu de l'écriture ici considéré comme un frère d'Osiris) assassine Osiris par ruse (cf. Vaudier, op. cit., p. 46).
Cited in De la grammatologie p.206
Oeuvres complètes de Karl Abraham
1966
pp. 18s-26
Sans y chercher ici un principe de lecture, nous renvoyons, par curiosité et parmi tant d'autres exemples possibles, à ce que dit Karl Abraham du cyclope, de la peur d'être aveugle, de l'œil, du soleil, de la masturbation, etc., in Œuvres Complètes, trad. Ilse Barande. T. II, p. 18 sq.
Cited in De la grammatologie p.206
Rêveries du promeneur solitaire in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
pp. 1066-1067
« Le règne minéral n'a rien en soi d'aimable et d'attrayant ; ses richesses enfermées dans le sein de la terre semblent avoir été éloignées des regards des hommes pour ne pas tenter leur cupidité. Elles sont là comme en réserve pour servir un jour de supplément aux véritables richesses qui sont plus à sa portée et dont il perd le goût à mesure qu'il se corrompt. Alors il faut qu'il appelle l'industrie, la peine et le travail au secours de ses misères ; il fouille les entrailles de la terre, il va chercher dans son centre aux risques de sa vie et aux dépens de sa santé des biens imaginaires à la place des biens réels qu'elle lui offrait d'elle-même quand il savait en jouir. Il fuit le soleil et le jour qu'il n'est plus digne de voir ».
Cited in De la grammatologie p.206
Rêveries du promeneur solitaire in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 1067
« Il s'enterre tout vivant et fait bien ne méritant plus de vivre à la lumière du jour. Là, des carrières, des gouffres, des forges, des fourneaux, un appareil d'enclumes, de marteaux, de fumée et de feu, succèdent aux douces images des travaux champêtres. Les visages hâves de malheureux qui languissent dans les infectes vapeurs des mines, de noirs forgerons, de hideux cyclopes sont le spectacle que l'appareil des mines substitue au sein de la terre à celui de la verdure et des fleurs, du ciel azuré, des bergers amoureux et des laboureurs robustes sur sa surface ».
Cited in De la grammatologie p.206
Rêveries du promeneur solitaire in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 1068
On pourra objecter que l'animal représente une vie naturelle encore plus vivante que la plante, mais on ne peut le traiter que mort. « L'étude des animaux n'est rien sans l'anatomie » (p. 1068).
Cited in De la grammatologie p.206
Rêveries du promeneur solitaire in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
L'écriture, auxiliaire et supplétif qui tue d'un seul et même geste le père et la lumière. (Cf., supra, p. 101)
Cited in De la grammatologie p.206
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 172
Et n'avaient-elles pas tout fait pour éviter cette catastrophe, pour se protéger de cette violence et nous garder de cette faute fatale ? « de sorte », dit le second Discours précisément des mines, « qu'on dirait que la nature avait pris des précautions pour nous dérober ce fatal secret » (p. 172).
Cited in De la grammatologie p.207
Fragments Politiques in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 478
Le supplément est ce que ni la nature ni la raison ne peuvent tolérer. Ni la nature, notre « mère commune » (Rêveries, p. 1066), ni la raison raisonnable sinon raisonneuse (De l'état de nature, p. 478).
Cited in De la grammatologie p.207
Confessions in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 108
Supplément dangereux. Ce sont des mots dont Rousseau se sert lui-même dans les Confessions. Il le fait dans un contexte qui n'est différent qu'en apparence, et pour expliquer, précisément, « un état presque inconcevable à la raison » : « En un mot, de moi à l'amant le plus passionné, il n'y avait qu'une différence unique, mais essentielle, et qui rend mon état presque inconcevable à la raison » (Pléiade, I, p. 108).
Cited in De la grammatologie p.207
Rêveries du promeneur solitaire in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 1066
Le supplément est ce que ni la nature ni la raison ne peuvent tolérer. Ni la nature, notre « mère commune » (Rêveries, p. 1066), ni la raison raisonnable sinon raisonneuse (De l'état de nature, p. 478).
Cited in De la grammatologie p.207
Confessions in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
pp. 108-109
« J'étais revenu d'Italie, non tout à fait comme j'y étais allé; mais comme peut-être jamais à mon âge on n'en est revenu. J'en avais rapporté non ma virginité, mais mon pucelage. J'avais senti le progrès des ans ; mon tempérament inquiet s'était enfin déclaré, et sa première éruption, très involontaire, m'avait donné sur ma santé des alarmes qui peignent mieux que toute autre chose l'innocence dans laquelle j'avais vécu jusqu'alors. Bientôt rassuré j'appris ce dangereux supplément qui trompe la nature et sauve aux jeunes gens de mon humeur beaucoup de désordres aux dépens de leur santé, de leur vigueur et parfois de leur vie » (Pléiade, I, pp. 108-109).
Cited in De la grammatologie p.208
Émile ou de l'éducation
1966
On lit dans l'Emile (L. IV) : « S'il connaît une fois ce dangereux supplément, il est perdu ».
Cited in De la grammatologie p.209