Lettre à M. Le Noir du 15 janvier 1772
« J'ai de grands vices, mais ils n'ont jamais fait de mal qu'à moi » (à M. Le Noir, 15-1-72).
Cited in De la grammatologie p.217
Lettre à M. de Saint-Germain du 26 février 1770
« A cela près et des vices qui n'ont jamais fait de mal qu'à moi, je puis exposer à tous les yeux une vie irréprochable dans tout le secret de mon cœur » (à M. de Saint-Germain, 26-2-70).
Cited in De la grammatologie p.217
Confessions in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
pp. 331-332
« Ah, ma Thérèse ! je suis trop heureux de te posséder sage et saine, et de ne pas trouver ce que je ne cherchais pas. [Il s'agit du « pucelage », que Thérèse vient d'avouer avoir, innocemment et par accident, perdu.] Je n'avais cherché d'abord qu'à me donner un amusement. Je vis que j'avais plus fait et que je m'étais donné une compagne. Un peu d'habitude avec cette excellente fille, un peu de réflexion sur ma situation me firent sentir qu'en ne songeant qu'à mes plaisirs j'avais beaucoup fait pour mon bonheur. Il fallait à la place de l'ambition éteinte un sentiment vif qui remplit mon cœur. Il fallait, pour tout dire, un successeur à Maman ; puisque je ne devais plus vivre avec elle il me fallait quelqu'un qui vécût avec son élève, et en qui je trouvasse la simplicité, la docilité de cœur qu'elle avait trouvée en moi. II fallait que la douceur de la vie privée et domestique me dédommageât du sort brillant auquel je renonçais. Quand j'étais absolument seul mon cœur était vide, mais il n'en fallait qu'un pour le remplir. Le sort m'avait ôté, m'avait aliéné du moins en partie, celui pour lequel la nature m'avait fait. Dès lors j'étais seul, car il n'y eut jamais pour moi d'intermédiaire entre tout et rien. Je trouvais dans Thérèse le supplément dont j'avais besoin ».
Cited in De la grammatologie p.218
Confessions in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 1407
Starobinski (La transparence et l'obstacle, p. 221) et les éditeurs des Confessions (p. 332, note 1) rapprochent justement l'usage du mot supplément de celui qui en est fait p. 109 (« supplément dangereux »).
Cited in De la grammatologie p.218
La Transparence et l'Obstacle
1957
p. 221
Starobinski (La transparence et l'obstacle, p. 221) et les éditeurs des Confessions (p. 332, note 1) rapprochent justement l'usage du mot supplément de celui qui en est fait p. 109 (« supplément dangereux »).
Cited in De la grammatologie p.218
Essai sur l'origine des langues
1817
« Or je dis que toute langue avec laquelle on ne peut pas se faire entendre au peuple assemblé est une langue servile ; il est impossible qu'un peuple demeure libre et qu'il parle cette langue-là » (chap. XX).
Cited in De la grammatologie p.231
Essai sur l'origine des langues
1817
« Je finirai ces réflexions superficielles, mais qui peuvent en faire naître de plus profondes, par le passage qui me les a suggérées. « Ce serait la matière d'un examen assez philosophique, que d'observer dans le fait, et de montrer par des exemples, combien le caractère, les mœurs et les intérêts d'un peuple influent sur sa langue » (Remarques sur la grammaire générale et raisonnée, par M. Duclos, p. 2).
Cited in De la grammatologie p.231
Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal par Arnaud et Lancelot ; Précédée d'un Essai sur l'origine et les progrès de la Langue française, par M. Petitot ; suivie du Commentaire de M. Duclos
1803
Nous nous référerons à l'édition suivante : Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal, par Arnaud et Lancelot ; Précédée d'un Essai sur l'origine et les progrès de la Langue française, par M. Petitot, et suivie du Commentaire de M. Duclos, auquel on a ajouté des notes. Perlet An XI.-1803.
Cited in De la grammatologie p.231
Émile ou de l'éducation
1966
p. 15
« Les premiers dons qu'ils reçoivent de vous sont des chaînes ; les premiers traitements qu'ils éprouvent sont des tourments. N'ayant rien de libre que la voix, comment ne s'en serviraient-ils pas pour se plaindre ? » (Emile, p. 15. Nous soulignons).
Cited in De la grammatologie p.231
Fragment d'un Essai sur les langues
1861
L'écho le plus précis de ce texte se trouve, en dehors de l'Essai, dans les notes groupées dans l'édition de la Pléiade sous le titre Prononciation (T. II, p. 1248) et, dans l'édition Streickeisen-Moultou, sous le titre Fragment d'un Essai sur les langues.
Cited in De la grammatologie p.232
Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal par Arnaud et Lancelot ; Précédée d'un Essai sur l'origine et les progrès de la Langue française, par M. Petitot ; suivie du Commentaire de M. Duclos
1803
p. 396
« le penchant que nous avons à rendre notre langue molle, efféminée et monotone. Nous avons raison d'éviter la rudesse dans la prononciation, mais je crois que nous tombons trop dans le défaut opposé. Nous prononcions autrefois beaucoup plus de diphtongues qu'aujourd'hui ; elles se prononçaient dans les temps des verbes, tels que j'avois, j'aurois, et dans plusieurs noms, tels que François, Anglois, Polonois, au lieu que nous prononçons aujourd'hui j'avès, j'aurès, Françès, Anglès, Polonès. Cependant ces diphtongues mettaient de la force et de la variété dans la prononciation, et la sauvoient d'une espèce de monotonie qui vient, en partie, de notre multitude d'e muets ».
Cited in De la grammatologie p.232
Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal par Arnaud et Lancelot ; Précédée d'un Essai sur l'origine et les progrès de la Langue française, par M. Petitot ; suivie du Commentaire de M. Duclos
1803
p. 397
Duclos annonce très précisément des thèmes rousseauistes lorsqu'il poursuit ainsi : « Ce qu'on appelle parmi nous la société, et que les anciens n'auroient appelé que coterie, décide aujourd'hui de la langue et des mœurs. Dès qu'un mot est quelque temps en usage chez le peuple des gens du monde, la prononciation s'en amollit ».
Cited in De la grammatologie p.232
Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal par Arnaud et Lancelot ; Précédée d'un Essai sur l'origine et les progrès de la Langue française, par M. Petitot ; suivie du Commentaire de M. Duclos
1803
« Cette nonchalance dans la prononciation, qui n'est pas incompatible avec l'impatience de s'exprimer, nous fait altérer jusqu'à la nature des mots, en les coupant de façon que le sens n'en est plus reconnoissable. On dit, par exemple, aujourd'hui proverbialement, en dépit de lui et de ses dens, au lieu de ses aidans. Nous avons plus qu'on ne croit de ces mots raccourcis ou altérés par l'usage. Notre langue deviendra insensiblement plus propre pour la conversation que pour la tribune, et la conversation donne le ton à la chaire, au barreau et au théâtre ; au lieu que chez les Grecs et chez les Romains, la tribune ne s'y asservissait pas. Une prononciation soutenue et une prosodie fixe et distincte, doivent se conserver particulièrement chez des peuples qui sont obligés de traiter publiquement des matières intéressantes pour tous les auditeurs, parce que, toutes choses égales d'ailleurs, un orateur dont la prononciation est ferme et variée, doit être entendu de plus loin qu'un autre... ».
Cited in De la grammatologie p.232
Prononciation in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. II
p. 1248
L'écho le plus précis de ce texte se trouve, en dehors de l'Essai, dans les notes groupées dans l'édition de la Pléiade sous le titre Prononciation (T. II, p. 1248) et, dans l'édition Streickeisen-Moultou, sous le titre Fragment d'un Essai sur les langues.
Cited in De la grammatologie p.232
Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture
1719
Rousseau lie dans sa critique la dégradation des mœurs, la corruption de la prononciation et le progrès de l'écriture. Il cite même des exemples d'altérations auxquels il a eu le triste privilège d'assister, et qui sont dus à un « vice de prononciation dans l'organe, ou dans l'accent, ou dans l'habitude ». « Mots dont j'ai vu changer la prononciation : Charolois — Charolès, secret — segret, persécuter — perzecuter, etc. ». Tous ces thèmes renvoient aussi à l'abbé Du Bos, Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture (1719).
Cited in De la grammatologie p.232
Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal par Arnaud et Lancelot ; Précédée d'un Essai sur l'origine et les progrès de la Langue française, par M. Petitot ; suivie du Commentaire de M. Duclos
1803
p. 421
« C'est un peuple en corps qui fait une langue... Un peuple est donc le maître absolu de la langue parlée, et c'est un empire qu'il exerce sans s'en apercevoir ».
Cited in De la grammatologie p.233