Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 141
« Tout animal a des idées, puisqu'il a des sens, il combine même ses idées jusqu'à un certain point, et l'homme ne diffère à cet égard de la Bête que du plus au moins : Quelques Philosophes ont même avancé qu'il y a plus de différence de tel homme à tel homme que de tel homme à telle bête ; Ce n'est donc pas tant l'entendement qui fait parmi les animaux la distinction spécifique de l'homme que sa qualité d'agent libre. » (Second Discours, p. 141).
Cited in De la grammatologie p.250
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 142
« Il y a une autre qualité très spécifique qui les distingue [l'homme et l'animal], et sur laquelle il ne peut y avoir de contestation, c'est la faculté de se perfectionner » (p. 142).
Cited in De la grammatologie p.250
Le Rationalisme de J.-J. Rousseau
1948
pp. 30-32
Bien que les choses soient fort complexes quand il s'agit de la raison selon Rousseau,
Cited in De la grammatologie p.250
Essai sur l'origine des langues
1817
p. 27
Cette affirmation qui sera sans cesse répétée ouvre déjà l'Essai : « La parole distingue l'homme entre les animaux. »
Cited in De la grammatologie p.251
Essai sur l'origine des langues
1817
p. 41
Premiers mots du chapitre II : « Il est donc à croire que les besoins dictèrent les premiers gestes, et que les premières passions arrachèrent les premières voix. »
Cited in De la grammatologie p.251
Lettre au prince de Würtemberg du 10 novembre 1663
p. (118?)
« Comme la raison a peu de force, l'intérêt seul n'en a pas tant qu'on croit. L'imagination seule est active et l'on n'excite les passions que par l'imagination ».
Cited in De la grammatologie p.251
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 143
« Les seuls biens qu'il [l'animal] connaisse dans l'Univers sont la nourriture, une femelle et le repos ; les seuls maux qu'il craigne, sont la douleur et la faim. Je dis la douleur, et non la mort ; car jamais l'animal ne saura ce que c'est que mourir, et la connaissance de la mort, et de ses terreurs, est une des premières acquisitions que l'homme ait faites, en s'éloignant de la condition animale. » (Second Discours, p. 143.)
Cited in De la grammatologie p.252
Émile ou de l'éducation
1966
De même l'enfant devient homme en s'ouvrant au « sentiment de la mort » (Emile, p. 20).
Cited in De la grammatologie p.252
Essai sur l'origine des langues
1817
« La pitié, bien que naturelle au cœur de l'homme, resterait éternellement inactive sans l'imagination qui la met en jeu. »
Cited in De la grammatologie p.253
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 143
Notons-le au passage : toute la théorie rousseauiste du théâtre fait aussi communiquer dans la représentation le pouvoir d'identification — la pitié — avec la faculté de l'imagination. Si l'on songe maintenant que Rousseau donne le nom de terreur à la crainte de la mort (Discours, p. 143), on tient d'ensemble tout le système qui organise les concepts de terreur et de pitié d'une part, de scène tragique, de représentation, d'imagination et de mort d'autre part. On comprend alors sur cet exemple l'ambivalence du pouvoir d'imaginer : il ne surmonte l'animalité et ne suscite la passion humaine qu'en ouvrant la scène et l'espace de la représentation théâtrale. Il inaugure la perversion dont la possibilité est elle-même inscrite dans la notion de perfectibilité.
Cited in De la grammatologie p.253
Le Rationalisme de J.-J. Rousseau
1948
p. 13
R. Derathé rappelle que « Durkheim est... le premier à avoir signalé l'importance de cette notion de faculté virtuelle chez Rousseau ». Le rationalisme de Rousseau. p. 13. Cf. Durkheim, Le Contrat social, histoire du livre. R.M.M. Janv.-fév. 1918. La plupart des contradictions systématiques de Rousseau seraient effacées par l'appel à ce concept de faculté virtuelle qui opère comme une soudure à tous les points de rupture, et d'abord aux points où la société brise — et s'articule — avec la nature.
Cited in De la grammatologie p.253
Rousseau et la science politique de son temps
1950
p. 148
R. Derathé rappelle que « Durkheim est... le premier à avoir signalé l'importance de cette notion de faculté virtuelle chez Rousseau ». Le rationalisme de Rousseau. p. 13. Cf. Durkheim, Le Contrat social, histoire du livre. R.M.M. Janv.-fév. 1918. La plupart des contradictions systématiques de Rousseau seraient effacées par l'appel à ce concept de faculté virtuelle qui opère comme une soudure à tous les points de rupture, et d'abord aux points où la société brise — et s'articule — avec la nature. Cf. Derathé, Rousseau et la science politique de son temps, p. 148. Il est remarquable que ce thème de la virtualité soit si souvent méconnu, chez quelque auteur qu'il apparaisse. Cette méconnaissance est au centre de la problématique des idées innées, et du rapport de Locke à Leibniz ou de Leibniz à Descartes.
Cited in De la grammatologie p.253
Le Contrat social, histoire du livre
1918
R. Derathé rappelle que « Durkheim est... le premier à avoir signalé l'importance de cette notion de faculté virtuelle chez Rousseau ». Le rationalisme de Rousseau. p. 13. Cf. Durkheim, Le Contrat social, histoire du livre. R.M.M. Janv.-fév. 1918. La plupart des contradictions systématiques de Rousseau seraient effacées par l'appel à ce concept de faculté virtuelle qui opère comme une soudure à tous les points de rupture, et d'abord aux points où la société brise — et s'articule — avec la nature.
Cited in De la grammatologie p.253
Émile ou de l'éducation
1966
« C'est ainsi que la nature, qui fait tout pour le mieux, l'a d'abord institué. Elle ne lui donne immédiatement que les désirs nécessaires a sa conservation et les facultés suffisantes pour les satisfaire. Elle a mis toutes les autres comme en réserve au fond de son âme pour s'y développer au besoin. Ce n'est que dans cet état primitif que l'équilibre du pouvoir et du désir se rencontre et que l'homme n'est pas malheureux. Sitôt que ces facultés virtuelles se mettent en action, l'imagination, la plus active de toutes, s'éveille et les devance. C'est l'imagination qui étend pour nous la mesure des possibles, soit en bien, soit en mal, et qui, par conséquent, excite et nourrit les désirs par l'espoir de les satisfaire. Mais l'objet qui paraissait d'abord sous la main fuit plus vite qu'on ne peut le poursuivre... Ainsi l'on s'épuise sans arriver au terme ; et plus nous gagnons sur la jouissance, plus le bonheur s'éloigne de nous. Au contraire, plus l'homme est resté près de sa condition naturelle, plus la différence de ses facultés à ses désirs est petite, et moins par conséquent il est éloigné d'être heureux... Le monde réel a ses bornes, le monde imaginaire est infini ; ne pouvant élargir l'un, rétrécissons l'autre ; car c'est de leur seule différence que naissent toutes les peines qui nous rendent vraiment malheureux. » (Emile, p. 64. Nous soulignons.)
Cited in De la grammatologie p.254
Dialogues in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
pp. 815-816
« Enfin tel est en nous l'empire de l'imagination et telle en est l'influence, que d'elle naissent non seulement les vertus et les vices, mais les biens et les maux... » (Dialogues, pp. 815-816).
Cited in De la grammatologie p.254
Dialogues in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 815
Et si « certains pervertissent l'usage de cette faculté consolatrice » (ibid), c'est encore par le pouvoir de l'imagination.
Cited in De la grammatologie p.254