Essai sur l'origine des langues
1817
« Celui qui n'imagine rien ne sent que lui-même ; il est seul au milieu du genre humain. »
Cited in De la grammatologie p.256
Essai sur l'origine des langues
1817
« Ils n'étaient liés par aucune idée de fraternité commune ; et n'ayant aucun arbitre que la force, ils se croyaient ennemis les uns des autres... Un homme abandonné seul sur la face de la terre, à la merci du genre humain, devait être un animal féroce ».
Cited in De la grammatologie p.256
Essai sur l'origine des langues
1817
« ... Ils se croyaient ennemis les uns des autres. C'étaient leur faiblesse et leur ignorance gui leur donnaient cette opinion. Ne connaissant rien, ils craignaient tout ; ils attaquaient pour se défendre. Un homme abandonné seul... » (Nous soulignons.)
Cited in De la grammatologie p.257
Essai sur l'origine des langues
1817
Cet animal, soulignons-le, « était prêt à faire aux autres tout le mal qu'il craignait d'eux. La crainte et la faiblesse sont les sources de la cruauté. »
Cited in De la grammatologie p.257
Essai sur l'origine des langues
1817
« celui qui n'a jamais réfléchi ne peut être ni clément, ni juste, ni pitoyable ».
Cited in De la grammatologie p.257
Essai sur l'origine des langues
1817
« Il ne peut pas non plus être méchant et vindicatif. Celui qui n'imagine rien ne sent que lui-même ; il est seul au milieu du genre humain. »
Cited in De la grammatologie p.257
Essai sur l'origine des langues
1817
« De là les contradictions apparentes qu'on voit entre les pères des nations ; tant de naturel et tant d'inhumanité ; des mœurs si féroces et des cœurs si tendres... Ces temps de barbarie étaient le siècle d'or, non parce que les hommes étaient unis, mais parce qu'ils étaient séparés... Les hommes, si l'on veut, s'attaquaient dans la rencontre, mais ils se rencontraient rarement. Partout régnait l'état de guerre, et toute la terre était en paix. »
Cited in De la grammatologie p.258
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 146
Et elle risque sans cesse de « commettre la faute de ceux qui, raisonnant sur l'état de nature, y transportent les idées prises dans la société... ». (Second Discours, p. 146.)
Cited in De la grammatologie p.258
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
pp. 153-154
« N'allons pas surtout conclure avec Hobbes que pour n'avoir aucune idée de la bonté, l'homme soit naturellement méchant, qu'il soit vicieux parce qu'il ne connaît pas la vertu, ... Hobbes n'a pas vu que la même cause qui empêche les Sauvages d'user de leur raison, comme le prétendent nos Jurisconsultes, les empêche en même temps d'abuser de leurs facultés, comme il le prétend lui-même ; de sorte qu'on pourrait dire que les Sauvages ne sont pas méchants précisément, parce qu'ils ne savent pas ce que c'est qu'être bons ; car ce n'est ni le développement des lumières, ni le frein de la Loi, mais le calme des passions et l'ignorance du vice qui les empêche de mal faire ; tanto plus in illis proficit vitiorum ignoratio, quam in his cognitio virtutis. »
Cited in De la grammatologie p.259
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 152
Cf. aussi p. 152 et le fragment sur l'état de nature : « Tant que les hommes gardèrent leur première innocence, ils n'eurent pas besoin d'autre guide que la voix de la nature ; tant qu'ils ne devinrent pas méchants, ils furent dispensés d'être bons » (p. 476).
Cited in De la grammatologie p.259
Fragments Politiques in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 476
Cf. aussi p. 152 et le fragment sur l'état de nature : « Tant que les hommes gardèrent leur première innocence, ils n'eurent pas besoin d'autre guide que la voix de la nature ; tant qu'ils ne devinrent pas méchants, ils furent dispensés d'être bons » (p. 476).
Cited in De la grammatologie p.259
Essai sur l'origine des langues
1817
« Comment nous laissons-nous émouvoir à la pitié ? En nous transportant hors de nous-mêmes ; en nous identifiant avec l'être souffrant. Nous ne souffrons qu'autant que nous jugeons qu'il souffre ; ce n'est pas dans nous, c'est dans lui que nous souffrons. »
Cited in De la grammatologie p.260
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 156
C'est pourquoi la maxime de la bonté naturelle « Fais à autrui comme tu veux qu'on te fasse » doit être tempérée par cette autre maxime, « bien moins parfaite, mais plus utile peut-être que la précédente : « Fais ton bien avec le moindre mal d'autrui qu'il est possible. » (Second Discours, p. 156.) Celle-ci est mise « au lieu » de celle-là.
Cited in De la grammatologie p.260
Émile ou de l'éducation
1966
« Il partage les peines de ses semblables ; mais ce partage est volontaire et doux. Il jouit à la fois de la pitié qu'il a pour leur maux, et du bonheur qui l'en exempte ; il se sent dans cet état de force qui nous étend au-delà de nous, et nous fait porter ailleurs l'activité superflue à notre bien-être. Pour plaindre le mal d'autrui, sans doute il faut le connaître, mais il ne faut pas le sentir » (p. 270).
Cited in De la grammatologie p.260
Émile ou de l'éducation
1966
« Pour plaindre le mal d'autrui, sans doute il faut le connaître, mais il ne faut pas le sentir. Quand on a souffert, ou qu'on craint de souffrir, on plaint ceux qui souffrent ; mais tandis qu'on souffre, on ne plaint que soi » (Emile, p. 270).
Cited in De la grammatologie p.261
Émile ou de l'éducation
1966
« Le sentiment physique de nos maux est plus borné qu'il ne semble ; mais c'est par la mémoire qui nous en fait sentir la continuité, c'est par l'imagination qui les étend sur l'avenir, qu'ils nous rendent vraiment à plaindre. Voilà, je pense, une des causes qui nous endurcissent plus aux maux des animaux qu'à ceux des hommes, quoique la sensibilité commune dût également nous identifier avec eux. On ne plaint guère un cheval de charretier dans son écurie, parce qu'on ne présume pas qu'en mangeant son foin il songe aux coups qu'il a reçus et aux fatigues qui l'attendent » (p. 264).
Cited in De la grammatologie p.261