Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal par Arnaud et Lancelot ; Précédée d'un Essai sur l'origine et les progrès de la Langue française, par M. Petitot ; suivie du Commentaire de M. Duclos
1803
p. 420
« Le corps d'une nation a seul droit sur la langue parlée, et les écrivains ont droit sur la langue écrite : Le peuple, disait Varron, n'est pas le maître de l'écriture comme de la parole » (p. 420).
Cited in De la grammatologie p.233
Émile ou de l'éducation
1966
« On sera surpris que je compte l'étude des langues au nombre des inutilités de l'éducation... Je conviens que si l'étude des langues n'était que celle des mots, c'est-à-dire des figures ou des sons qui les expriment, cette étude pourrait convenir aux enfants : mais les langues, en changeant les signes, modifient aussi les idées qu'ils représentent. Les têtes se forment sur les langages, les pensées prennent la teinte des idiomes. La raison seule est commune, l'esprit en chaque langue a sa forme particulière ; différence qui pourrait bien être en partie la cause ou l'effet des caractères nationaux ; et, ce qui paraît confirmer cette conjecture est que, chez toutes les nations du monde, la langue suit les vicissitudes des mœurs, et se conserve ou s'altère comme elles » (p. 105).
Cited in De la grammatologie p.234
Émile ou de l'éducation
1966
Si le représentant peut avoir une efficace, parfois néfaste, sur le représenté, et si l'enfant ne doit et ne peut « apprendre à parler qu'une langue », c'est que « chaque chose peut avoir pour lui mille signes différents ; mais chaque idée ne peut avoir qu'une forme ».
Cited in De la grammatologie p.234
Confessions in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 1548
B. Gagnebin et M. Raymond rappellent dans l'édition des Confessions que « l'Essai sur l'origine des langues a paru pour la première fois dans un volume de Traités sur la musique de J.-.J. Rousseau que publia Du Peyrou à Genève, en 1781, d'après le manuscrit qu'il détenait et qu'il a légué à la Bibliothèque de Neuchâtel (N° 7835) ».
Cited in De la grammatologie p.235
Confessions in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 1548
« Enfin, ajoutent-ils, la matière même de l'Essai suppose des connaissances et une maturité de pensée que Rousseau n'avait pas acquises en 1750 ».
Cited in De la grammatologie p.235
Le Rationalisme de J.-J. Rousseau
1948
pp. 17-18
C'est aussi l'avis de R. Derathé, du moins en ce qui concerne les chapitres IX et X qui sont parmi les plus importants et qui, expliquant la « Formation des langues méridionales » et la « Formation des langues du nord », développent des thèmes fort apparentés à ceux du second Discours.
Cited in De la grammatologie p.235
Rousseau et la science politique de son temps
1950
p. 146
C'est aussi l'avis de R. Derathé, du moins en ce qui concerne les chapitres IX et X qui sont parmi les plus importants et qui, expliquant la « Formation des langues méridionales » et la « Formation des langues du nord », développent des thèmes fort apparentés à ceux du second Discours.
Cited in De la grammatologie p.235
Jean-Jacques Rousseau: Moralist
1934
p. 66
Vaughan considère ainsi, pour des raisons externes, que l'Essai a été projeté avant le second Discours et même avant le premier Discours (1750).
Cited in De la grammatologie p.236
The Political Writings of Jean-Jacques Rousseau
1915
p. 10
Vaughan considère ainsi, pour des raisons externes, que l'Essai a été projeté avant le second Discours et même avant le premier Discours (1750).
Cited in De la grammatologie p.236
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 154
« Je ne crois pas avoir aucune contradiction à craindre, en accordant à l'homme la seule vertu Naturelle qu'ait été forcé de reconnaître le Détracteur le plus outré des vertus humaines. Je parle de la Pitié, disposition convenable à des êtres aussi faibles, et sujets à autant de maux que nous le sommes ; vertu d'autant plus universelle et d'autant plus utile à l'homme, qu'elle précède en lui l'usage de toute réflexion, et si Naturelle que les Bêtes mêmes en donnent quelquefois des signes sensibles. »
Cited in De la grammatologie p.237
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
pp. 1330-1331
Il s'agit du contenu philosophique du chapitre IX « Formation des langues méridionales ». C'est au sujet de ce chapitre fondamental que R. Derathé et J. Starobinski se séparent. Ils ne se sont certes jamais opposés directement sur ce point. Mais ils lui consacrent l'un et l'autre une note et cette confrontation doit nous aider à éclairer notre problème.
Cited in De la grammatologie p.237
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 154
« Je ne crois pas avoir aucune contradiction à craindre, en accordant à l'homme la seule vertu Naturelle qu'ait été forcé de reconnaître le Détracteur le plus outré des vertus humaines ».
Cited in De la grammatologie p.237
Le Rationalisme de J.-J. Rousseau
1948
p. 18
Que l'Essai soit une pièce destinée au second Discours, c'est là, selon Derathé, l'hypothèse « la plus vraisemblable, du moins en ce qui concerne les chapitres IX et X... qui témoignent des mêmes préoccupations que le Discours sur l'inégalité ».
Cited in De la grammatologie p.237
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 155
« Tel est le pur mouvement de la Nature, antérieur à toute réflexion : telle est la force de la pitié naturelle, que les mœurs les plus dépravées ont encore peine à détruire... Mandeville a bien senti qu'avec toute leur morale les hommes n'eussent jamais été que des monstres, si la Nature ne leur eût donné la pitié à l'appui de la raison... » « Il est donc bien certain que la pitié est un sentiment naturel, qui modérant dans chaque individu l'activité de l'amour de soi-même, concourt à la conservation mutuelle de toute l'espèce. C'est elle, qui nous porte sans réflexion au secours de ceux que nous voyons souffrir : c'est elle qui, dans l'état de Nature, tient lieu de Loi, de mœurs et de vertu, avec cet avantage que nul n'est tenté de désobéir à sa douce voix ».
Cited in De la grammatologie p.238
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 154
Les exemples choisis par Rousseau ne nous sont pas indifférents : « Sans parler de la tendresse des Mères pour leurs petits, et des périls qu'elles bravent, pour les en garantir, on observe tous les jours la répugnance qu'ont les Chevaux à fouler aux pieds un Corps vivant ; Un animal ne passe point sans inquiétude auprès d'un animal mort de son Espèce : Il y en a même qui leur donnent une sorte de sépulture ; Et les tristes mugissements du Bétail entrant dans une Boucherie, annoncent l'impression qu'il reçoit de l'horrible spectacle qui le frappe. On voit avec plaisir l'auteur de la Fable des abeilles, forcé de reconnaître l'homme pour un Etre compatissant et sensible, sortir dans l'exemple qu'il en donne, de son style froid et subtil, pour nous offrir la pathétique image d'un homme enfermé qui aperçoit au dehors une Bête féroce, arrachant un Enfant du sein de sa Mère, brisant sous sa dent meurtrière les faibles membres, et déchirant de ses ongles les entrailles de cet Enfant. Quelle affreuse agitation n'éprouve point ce témoin d'un événement auquel il ne prend aucun intérêt personnel ? Quelles angoisses ne souffre-t-il pas à cette vue, de ne pouvoir porter aucun secours à la Mère évanouie, ni à l'Enfant expirant ? Tel est le pur mouvement de la Nature, antérieur à toute réflexion... ».
Cited in De la grammatologie p.238
Émile ou de l'éducation
1966
« Nos passions sont les principaux instruments de notre conservation : c'est donc une entreprise aussi vaine que ridicule de vouloir les détruire ; c'est contrôler la nature, c'est réformer l'ouvrage de Dieu. Si Dieu disait à l'homme d'anéantir, les passions qu'il lui donne, Dieu voudrait et ne voudrait pas ; il se contredirait lui-même. Jamais il n'a donné cet ordre insensé, rien de pareil n'est écrit dans le cœur humain ; et ce que Dieu veut qu'un homme fasse, il ne le lui fait pas dire par un autre homme, il le lui dit lui-même, il l'écrit au fond de son cœur » (pp. 246-247).
Cited in De la grammatologie p.239