Essai sur l'origine des connaissances humaines
1746
L'attention peut avoir pour « premier effet » « de faire subsister dans l'esprit, en l'absence des objets, les perceptions qu'ils ont occasionnées » (I, 11 § 17).
Cited in De la grammatologie p.383
Essai sur l'origine des connaissances humaines
1746
L'imagination, elle, permet « la représentation d'un objet à partir d'un signe, par exemple, de son simple nom ».
Cited in De la grammatologie p.383
Essai sur l'origine des connaissances humaines
1746
« Ainsi quand je dirai que nous n'avons point d'idées qui ne nous viennent des sens, il faut bien se souvenir que je ne parle que de l'état où nous sommes depuis le péché. Cette proposition, appliquée à l'âme dans l'état d'innocence, ou après sa séparation du corps, serait tout à fait fausse... Je me borne donc, encore un coup, à l'état présent » (I, 1, 8, p. 10).
Cited in De la grammatologie p.383
Essai sur l'origine des connaissances humaines
1746
« C'est vraisemblablement à la nécessité de tracer ainsi nos pensées que la peinture doit son origine, et cette nécessité a sans doute concouru à conserver le langage d'action, comme celui qui pouvait se peindre le plus aisément. » (§ 128.)
Cited in De la grammatologie p.384
Le débat sur les écritures et l'hiéroglyphe aux XVIIe et XVIIIe siècles
1965
p. 101
Quant à ce monogénétisme et à la rationalité économique de cette généalogie, la prudence de Condillac a des limites, bien qu'elle se manifeste dans le Traité des systèmes (1749) (ch. XVII) : « Si tous les caractères qui ont été en usage depuis l'origine de l'histoire avaient pu venir jusqu'à nous avec une clef qui en donnât l'explication, nous démêlerions ce progrès d'une manière bien sensible. Cependant nous pouvons, avec ce qui nous en reste, développer ce système, sinon dans tout son détail, du moins suffisamment pour nous assurer de la génération des différentes sortes d'écriture. L'ouvrage de M. Warburton en est la preuve. » (Cf. DE, p. 101.)
Cited in De la grammatologie p.384
Nature et histoire dans la pensée de Jean-Jacques Rousseau
1953
p. 30
Il ne suffit pas, pour échapper à la clôture de ce système, de se débarrasser de l'hypothèse ou de l'hypothèque « théologique ». S'il se prive des facilités théologiques de Condillac en cherchant l'origine naturelle de la société, de la parole et de l'écriture, Rousseau fait jouer aux concepts substitutifs de nature ou d'origine un rôle analogue. Et comment croire que le thème de la chute soit absent de ce discours ? Comment le croire à voir apparaître le doigt disparaissant de Dieu au moment de la catastrophe dite naturelle ? Les différences entre Rousseau et Condillac seront toujours contenues dans la même clôture. On ne pourra poser le problème du modèle de la chute (platonicien ou judéo-chrétien) qu'à l'intérieur de cette clôture commune.
Cited in De la grammatologie p.384
Traité des systèmes
1749
p. ___(chapter XVII)
Quant à ce monogénétisme et à la rationalité économique de cette généalogie, la prudence de Condillac a des limites, bien qu'elle se manifeste dans le Traité des systèmes (1749) (ch. XVII) : « Si tous les caractères qui ont été en usage depuis l'origine de l'histoire avaient pu venir jusqu'à nous avec une clef qui en donnât l'explication, nous démêlerions ce progrès d'une manière bien sensible. Cependant nous pouvons, avec ce qui nous en reste, développer ce système, sinon dans tout son détail, du moins suffisamment pour nous assurer de la génération des différentes sortes d'écriture. L'ouvrage de M. Warburton en est la preuve. » (Cf. DE, p. 101.)
Cited in De la grammatologie p.384
Essai sur l'origine des connaissances humaines
1746
« Malgré les inconvénients qui naissaient de cette méthode, les peuples les plus polis de l'Amérique n'en avaient pas su inventer de meilleure. Les sauvages du Canada n'en ont pas d'autre. » (§ 129.)
Cited in De la grammatologie p.385
Essai sur l'origine des connaissances humaines
1746
La supériorité de l'écriture hiéroglyphique « peinture et caractère » tient à ce qu'on n'emploie « qu'une seule figure pour être le signe de plusieurs choses ».
Cited in De la grammatologie p.385
Essai sur l'origine des connaissances humaines
1746
C'est ce qu'ont compris les Egyptiens, « plus ingénieux ». Ils « ont été les premiers à se servir d'une voie plus abrégée à laquelle on a donné le nom d'Hiéroglyphes ».
Cited in De la grammatologie p.385
Essai sur l'origine des connaissances humaines
1746
« L'embarras que causait l'énorme grosseur des volumes engagea à n'employer qu'une seule figure pour être le signe de plusieurs choses. »
Cited in De la grammatologie p.385
Essai sur l'origine des connaissances humaines
1746
C'est aussi la conclusion de Condillac (§ 134).
Cited in De la grammatologie p.386
The Divine legation of Moses
1744
pp. 139-140
« Mais il est temps de parler d'une altération, que ce changement de sujet, et cette manière de l'exprimer, introduisirent dans les traits des figures Hiéroglyphiques. L'animal, ou la chose, qui servait à représenter, avaient été jusque-là dessinés au naturel. Mais, lorsque l'étude de la Philosophie, qui avait occasionné l'écriture symbolique, eut porté les Savants d'Egypte à écrire beaucoup, et sur divers sujets, ce dessin exact multipliant trop les volumes, leur parut ennuyeux. Ils se servirent donc par degrés d'un autre caractère, que nous pouvons appeler, l'écriture courante des hiéroglyphes. Il ressemblait aux caractères des Chinois, et, après avoir d'abord été formé du seul contour de chaque figure, il devint à la longue une sorte de marques. Je ne dois pas omettre ici de parler d'un effet naturel que ce caractère de l'écriture courante produisit avec le temps. Je veux dire, que son usage diminua beaucoup de l'attention que l'on donnait au symbole, et la fixa à la chose signifiée. Par ce moyen l'étude de l'écriture symbolique se trouva fort abrégée ; n'y ayant alors presque autre chose à faire qu'à se rappeler le pouvoir de la marque symbolique, au lieu qu'auparavant il fallait être instruit des propriétés de la chose, ou de l'animal, qui était employé comme symbole. En un mot, cela réduisit cette sorte d'écriture à l'état où est présentement celle des Chinois » (T. I, pp. 139-140).
Cited in De la grammatologie p.386
The Divine legation of Moses
1744
p. 148
Cet effacement du signifiant conduisit par degrés à l'alphabet (cf. p. 148).
Cited in De la grammatologie p.386
Essai sur l'origine des connaissances humaines
1746
« Enfin un Philosophe, ne pouvant se plier aux règles de la poésie, hasarda le premier d'écrire en prose » (§ 67). Il s'agit de « Phérécyde de l'île de Scyros..., le premier qu'on sache avoir écrit en prose ».
Cited in De la grammatologie p.389
Essai sur l'origine des connaissances humaines
1746
L'écriture au sens courant est d'elle-même prosaïque. Elle est la prose. (Sur ce point aussi Rousseau se sépare de Condillac). Quand l'écriture apparaît, on n'a plus besoin du rythme et de la rime qui ont pour fonction, selon Condillac, de graver le sens dans la mémoire (ibid).
Cited in De la grammatologie p.389