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doi:10.34770/yw3y-ze12
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-381 1967
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1944 1991

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Essai sur l'origine des connaissances humaines

Étienne Bonnot de Condillac

1746

p. 111

Sur ce point la démarche de Rousseau rappelle celle de Condillac : qui, tout en admettant que le langage a été donné tout fait par Dieu à Adam et Eve, « suppose que, quelque temps après le déluge, deux enfants, de l'un et de l'autre sexe, aient été égarés dans des déserts, avant qu'ils connussent l'usage d'aucun signe... »

Cited in De la grammatologie p.345

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Essai sur l'origine des connaissances humaines

Étienne Bonnot de Condillac

1746

p. 111

« Qu'on me permette d'en faire la supposition ; la question est de savoir comment cette nation naissante s'est fait une langue. »

Cited in De la grammatologie p.345

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Essai sur l'origine des langues

Jean-Jacques Rousseau

1817

Mais, parmi les « trois états de l'homme considéré par rapport à la société » (ch. IX)

Cited in De la grammatologie p.346

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Essai sur l'origine des langues

Jean-Jacques Rousseau

1817

ou les « trois divers états sous lesquels on peut considérer les hommes rassemblés en nation » (ch. V), le dernier seul marque l'accès de l'homme à lui-même dans la société.

Cited in De la grammatologie p.346

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Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I

Jean-Jacques Rousseau

p. 146

Bien qu'il aiguise davantage la césure entre l'état de pure nature et l'état de la société naissante, le Discours n'en multiplie pas moins les allusions « aux peines inconcevables et au temps infini qu'a dû coûter la première invention des Langues » (p. 146), au « temps qui s'écoule », au « progrès presque insensible des commencements » ;

Cited in De la grammatologie p.346

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Footnote

Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I

Jean-Jacques Rousseau

p. 167

« car plus les événements étaient lents à se succéder, plus ils sont prompts à décrire ». (p. 167. Remarque que Voltaire avait jugée « ridicule ». Voir la note de l'éditeur dans la « Pléiade ».)

Cited in De la grammatologie p.346

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Essai sur l'origine des langues

Jean-Jacques Rousseau

1817

« Les climats doux, les pays gras et fertiles, ont été les premiers peuplés et les derniers où les nations se sont formées, parce que les hommes s'y pouvaient passer plus aisément les uns des autres, et que les besoins qui font naître la société s'y sont fait sentir plus tard. Supposez un printemps perpétuel sur la terre ; supposez partout de l'eau, du bétail, des pâturages ; supposez les hommes, sortant des mains de la nature, une fois dispersés parmi tout cela : je n'imagine pas comment ils auraient jamais renoncé à leur liberté primitive et quitté la vie isolée et pastorale, si convenable à leur indolence naturelle, pour s'imposer sans nécessité l'esclavage, les travaux, les misères inséparables de l'état social. Celui qui voulut que l'homme fût sociable toucha du doigt l'axe du globe et l'inclina sur l'axe de l'univers. A ce léger mouvement, je vois changer la face de la terre et décider la vocation du genre humain : j'entends au loin les cris de joie d'une multitude insensée ; je vois édifier les palais et les villes ; je vois naître les arts, les lois, le commerce ; je vois les peuples se former, s'étendre, se dissoudre, se succéder comme les flots de la mer ; je vois les hommes, rassemblés sur quelques points de leur demeure pour s'y développer mutuellement, faire un affreux désert du reste du monde, digne monument de l'union sociale et de l'utilité des arts ». (Nous soulignons.)

Cited in De la grammatologie p.347

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Essai sur l'origine des langues

Jean-Jacques Rousseau

1817

Rousseau précise en note : « Il est inconcevable à quel point l'homme est naturellement paresseux. On dirait qu'il ne vit que pour dormir, végéter, rester immobile ; à peine peut-il se résoudre à se donner les mouvements nécessaires pour s'empêcher de mourir de faim. Rien ne maintient tant les sauvages dans l'amour de leur état que cette délicieuse indolence. Les passions qui rendent l'homme inquiet, prévoyant, actif, ne naissent que dans la société. Ne rien faire est la première et plus forte passion de l'homme après celle de se conserver. Si l'on y regardait bien, l'on verrait que, même parmi nous, c'est pour parvenir au repos que chacun travaille, c'est encore la paresse qui nous rend laborieux. »

Cited in De la grammatologie p.347

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Rousseau et la science politique de son temps

Robert Derathé

1950

p. 180

Cette explication d'apparence « arbitraire » répond à une nécessité profonde et elle concilie ainsi bien des exigences.

Cited in De la grammatologie p.348

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Fragments Politiques in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I

Jean-Jacques Rousseau

p. 531

« Si l'écliptique se fût confondu avec l'équateur, peut-être n'y eût-il jamais eu d'émigration de peuple, et chacun, faute de pouvoir supporter un autre climat que celui où il était né, n'en serait jamais sorti. Incliner du doigt l'axe du monde ou dire à l'homme : Couvre la terne et sois sociable, ce fut la même chose pour Celui qui n'a besoin ni de main pour agir ni de voix pour parler » (p. 531).

Cited in De la grammatologie p.349

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La Transparence et l'Obstacle

Jean Starobinski

1957

pp. 190-191

Dans l'un et dans l'autre texte, l'exemple du signe muet est le « simple mouvement de doigt » le « petit signe du doigt », un « mouvement de baguette ».

Cited in De la grammatologie p.349

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Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I

Jean-Jacques Rousseau

p. 162

« Après avoir prouvé que l'Inégalité est à peine sensible dans l'état de Nature, et que son influence y est presque nulle, il me reste à montrer son origine et ses progrès dans les développements successifs de l'Esprit humain. Après avoir montré que la perfectibilité, les vertus sociales, et les autres facultés que l'homme Naturel avait reçues en puissance, ne pouvaient jamais se développer d'elles-mêmes, qu'elles avaient besoin pour cela du concours fortuit de plusieurs causes étrangères, qui pouvaient ne jamais naître, et sans lesquelles il fût demeuré éternellement dans sa condition primitive ; il me reste à considérer et à rapprocher les différents hasards qui ont pu perfectionner la raison humaine, en détériorant l'espèce, rendre un être méchant en le rendant sociable, et d'un terme si éloigné, amener enfin l'homme et le monde au point où nous le voyons » (p. 162).

Cited in De la grammatologie p.350

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Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I

Jean-Jacques Rousseau

pp. 162-163

« Ceci me dispensera d'étendre mes réflexions sur la manière dont le laps de temps compense le peu de vraisemblance des événements ; sur la puissance surprenante des causes très légères, lorsqu'elles agissent sans relâche ; sur l'impossibilité où l'on est d'un côté de détruire certaines hypothèses, si de l'autre on se trouve hors d'état de leur donner le degré de certitude des faits ; sur ce que deux faits étant donnés comme réels à lier par une suite de faits intermédiaires, inconnus ou regardés comme tels, c'est à l'histoire, quand on l'a, de donner les faits qui les lient ; c'est à la Philosophie à son défaut, de déterminer les faits semblables qui peuvent les lier ; Enfin sur ce qu'en matière d'événements la similitude réduit les faits à un beaucoup plus petit nombre de classes différentes qu'on ne se l'imagine. Il me suffit d'offrir ces objets à la considération de mes Juges : il me suffit d'avoir fait en sorte que les Lecteurs vulgaires n'eussent pas besoin de les considérer » (pp. 162-163).

Cited in De la grammatologie p.351

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Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I

Jean-Jacques Rousseau

p. 171

« Plus on y réfléchit, plus on trouve que cet état était le moins sujet aux révolutions, le meilleur à l'homme, et qu'il n'en a dû sortir que par quelque funeste hasard qui pour l'utilité commune eût dû ne jamais arriver » (p. 171).

Cited in De la grammatologie p.351

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Essai sur l'origine des langues

Jean-Jacques Rousseau

1817

Les déluges, les tremblements de terre, les éruptions de volcans, les incendies ont sans doute effrayé les sauvages mais les ont ensuite rassemblés « pour réparer en commun les pertes communes ». Voilà « de quels instruments se servit la Providence pour forcer les humains à se rapprocher ».

Cited in De la grammatologie p.352

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Essai sur l'origine des langues

Jean-Jacques Rousseau

1817

« Depuis que les sociétés sont établies, ces grands accidents ont cessé et sont devenus plus rares : il semble que cela doit encore être ; les mêmes malheurs qui rassemblèrent les hommes épars disperseraient ceux qui sont réunis ». (Ch. IX.)

Cited in De la grammatologie p.352