Rêveries du promeneur solitaire in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 1047
« Si le mouvement est inégal ou trop fort, il réveille ; en nous rappelant aux objets environnants, il détruit le charme de la rêverie, et nous arrache d'au dedans de nous pour nous remettre à l'instant sous le joug de la fortune et des hommes et nous rendre au sentiment de nos malheurs. Un silence absolu porte à la tristesse. Il offre une image de la mort. »
Cited in De la grammatologie p.340
Rêveries du promeneur solitaire in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 1047
« Mais un infortuné qu'on a retranché de la société humaine et qui ne peut plus rien faire ici bas d'utile et de bon pour autrui ni pour soi, peut trouver dans cet état à toutes les félicités humaines des dédommagements que la fortune et les hommes ne lui sauraient ôter. Il est vrai que ces dédommagements ne peuvent être sentis par toutes les âmes ni dans toutes les situations. Il faut que le cœur soit en paix et qu'aucune passion n'en vienne troubler le calme. »
Cited in De la grammatologie p.340
Essai sur l'origine des langues
1817
« Tout ce que j'ai dit jusqu'ici convient aux langues primitives en général, et aux progrès qui résultent de leur durée mais n'explique ni leur origine ni leur différence. »
Cited in De la grammatologie p.341
Essai sur l'origine des langues
1817
« Dans les premiers temps , les hommes épars sur la face de la terre n'avaient de société que celle de la famille, de lois que celles de la nature, de langue que le geste et quelques sons inarticulés. * J'appelle les premiers temps ceux de la dispersion des hommes, à quelque âge du genre humain qu'on veuille en fixer l'époque*. »
Cited in De la grammatologie p.342
Essai sur l'origine des langues
1817
« On me dira que Caïn fut laboureur, et que Noé planta la vigne. Pourquoi non ? Ils étaient seuls ; qu'avaient-ils à craindre ? D'ailleurs ceci ne fait rien contre moi ; j'ai dit ci-devant ce que j'entendais par les premiers temps. »
Cited in De la grammatologie p.342
Essai sur l'origine des langues
1817
Le barbare de l'Essai a une famille, une cabane et une langue, même si elle se réduit au « geste et à quelques sons inarticulés ».
Cited in De la grammatologie p.343
Essai sur l'origine des langues
1817
« Dans les premiers temps, les hommes épars sur la face de la terre n'avaient de société que celle de la famille... »
Cited in De la grammatologie p.343
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
pp. 159-160
L' « homme sauvage » du Discours erre dans les forêts « sans industrie, sans parole, sans domicile ».
Cited in De la grammatologie p.343
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 160
Elle était la condition indispensable de ce processus des générations que reconnaît aussi le Discours (« les générations se multipliaient inutilement »).
Cited in De la grammatologie p.343
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
« Les véritables langues n'ont point une origine domestique, il n'y a qu'une convention plus générale et plus durable qui les puisse établir. Les sauvages de l'Amérique ne parlent presque jamais que hors de chez eux ; chacun garde le silence dans sa cabane, il parle par signes à sa famille ; et ces signes sont peu fréquents, parce qu'un sauvage est moins inquiet, moins impatient, qu'un Européen, qu'il n'a pas tant de besoins, et qu'il prend soin d'y pourvoir lui-même. »
Cited in De la grammatologie p.343
Essai sur l'origine des langues
1817
On peut en effet lui objecter qu' « on trouve l'agriculture en grand dès le temps des patriarches ».
Cited in De la grammatologie p.344
Essai sur l'origine des langues
1817
« Tout cela est vrai ; mais ne confondons point les temps. L'âge patriarcal que nous connaissons est bien loin du premier âge. L'Ecriture compte dix générations de l'un à l'autre dans ces siècles où les hommes vivaient longtemps. Qu'ont-ils fait durant ces dix générations ? Nous n'en savons rien. Vivant épars et presque sans société, à peine parlaient-ils : comment pouvaient-ils écrire ? et, dans l'uniformité de leur vie isolée, quels événements nous auraient-ils transmis ? » (Nous soulignons.)
Cited in De la grammatologie p.344
Essai sur l'origine des langues
1817
Essai : « Les premiers hommes furent chasseurs ou bergers, et non pas laboureurs ; les premiers biens furent des troupeaux, et non pas des champs. Avant que la propriété de la terre fût partagée, nul ne pensait à la cultiver. L'agriculture est un art qui demande des instruments ». (Ch. IX.)
Cited in De la grammatologie p.344
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 123
Moment où l'homme, n'appartenant plus à l'état de pure nature (qui, dit bien le Discours, « n'existe plus, qui n'a peut-être point existé, qui probablement n'existera jamais, et dont il est pourtant nécessaire d'avoir des notions justes, pour bien juger de notre état présent » « Préface »), ou presque, se tient encore en-deçà de la société, ou presque.
Cited in De la grammatologie p.344
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes in Oeuvres complètes de J.-J. Rousseau, vol. I
p. 173
Discours : « L'invention des autres arts fut donc nécessaire pour forcer le Genre-humain de s'appliquer à celui de l'agriculture » (p. 173).
Cited in De la grammatologie p.344
Essai sur l'origine des langues
1817
« Adam parlait, Noé parlait, soit. Adam avait été instruit par Dieu même. En se divisant, les enfants de Noé abandonnèrent l'agriculture, et la langue commune périt avec la première société. Cela serait arrivé quand il n'y aurait jamais eu de tour de Babel. »
Cited in De la grammatologie p.345